Pour les Egyptiens, le Sphinx est avant tout un gardien, il marque les limites des domaines royaux et surtout les entrées des tombeaux, comme le fameux sphinx des Pyramides de Gizeh. Il était considéré comme l’emblème de la sagesse et de la force réunie.
Chez les Grecs, le sphinx est une lionne au buste de femme, une sphinge. C'est elle qu'Oedipe affronta pour libérer la ville de Thèbes, que ce monstre terrorisait. Un exemple fameux de son iconographie sont les représentations qu'en donna le peintre Gustave Moreau.
Le sphinx, survivance de l’imagerie égyptienne a toujours occupé une place importante dans l'iconographie du monde occidental. A partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, il devient un ornement incontournable des jardins à la française. On l'appelle alors couramment le lion d'Egypte. Son iconographie est alors assez fantaisiste et il faut attendre la fin du XVIIIe siècle pour trouver un souci archéologique dans ces représentations. La période de l'Empire, à cause des campagnes égyptiennes de Napoléon, fut très friande des symboles égyptiens. A partir de là l'Egyptomanie et le sphinx, son meilleur représentant, continuèrent à fasciner et à influencer le monde des arts. Avec la période symboliste, ces iconographies mystérieuses connurent une nouvelle apogée.
- photo 1 : Sphinx funéraire archaïque, vers 570 av. J.C, musée national archéologique d'Athènes.
- photo 2 : Oedipe et le Sphinx, Gustave Moreau, 1864, Metropolitan Museum, New York.
Bibliographie :
Egyptomania, catalogue exposition musée du Louvre 1994, Paris, 1994
J.-M. Humbert, L'Egyptomanie dans l'art occidental, Paris, 1989


